Chailles et calcaires prolongent la vie des gisements alluvionnaires

Lire l'article en .pdf
m&c 161 - juillet/août 2009

 

C’est sous un soleil quasi estival qu’a eu lieu la journée technique du 9 juin dernier, consacrée aux ajouts de calcaires et de chailles dans les granulats alluvionnaires en Seine-et-Marne, organisée par le district Centre-Ouest Ile-de-France Normandie de la Sim.

 

Prolonger la durée de vie de leurs gisements de granulats alluvionnaires est une nécessité à laquelle les exploitants, conscients de la raréfaction des ressources, doivent faire face par tous les moyens. Ainsi les sites GSM de Grande-Paroisse et Cemex de Marolles-sur-Seine mélangent des chailles extraites sur le plateau du Gâtinais et des calcaires provenant de la Haute-Marne à leur production de matériaux alluvionnaires.

Le site GSM de Grande Paroisse

L’installation produit 1 Mt par an depuis 1987. Les alluvionnaires de Varennes arrivent par bande transporteuse, ceux des terrasses de Marolles par voie d’eau, et les chailles (450 kt/an) de Saint-Ange-le-Vieil et de Thoury-Ferottes (77) sont transportées par camion.
Les chailles du plateau du Gâtinais sont des galets de silice enrobés dans une matrice argilo-sableuse, à 20 % d’argile. Cette teneur importante rend nécessaire un débourbage, puis une évacuation des argiles en circuit fermé dont le reliquat est envoyé à 3 km pour servir au réaménagement en terrains agricoles ou de loisirs.

Pour le producteur, les chailles sont un matériau contraignant : elles sont exploitées à sec entre 0 et 20 mètres (3 à 4 mètres en moyenne). Sur le site de traitement, elles nécessitent des moyens de concassage adaptés, augmentent l’usure de l’installation, provoquent un excès de gravillons qui doit être géré avec l’alluvionnaire et les sablons.
Les parcelles exploitées sont réaménagées en terrains agricoles ou en reboisement.

L’installation Cemex de Marolles

Trois gisements alimentent l’installation par le biais de sa plateforme multimodale1. L’acheminement se fait par train et bandes transporteuses pour les calcaires de roche massive de Gudmont (52) en Champagne-Ardenne, par bandes transporteuses pour les alluvionnaires de Marolles et La Tombe-Courcelles (77) et par voir fluviale pour ceux de Villiers-sur-Seine (77). L’alimentation se fait quasiment en flux tendu à cause de l’exiguïté du site, soit 7 ha de zone utile pour une production de 1,2 Mt de produit fini. Les ressources de Marolles et Villiers sont limitées : l’exploitation devrait se terminer en 2016 pour la première et en 2012 pour la seconde. De plus, la pression administrative est très forte pour limiter l’exploitation alluvionnaire et encourager la substitution. Aujourd’hui, l’alimentation est formée à 40 % de calcaire, 49 % d’alluvionnaires et 11 % de sablon pour produire des granulats silico-calcaires 0/4 bruts et recomposés (50 %) et 4/20 (50 %).

L’évacuation des produits finis est fluviale à plus de 70 % et routière à 30 %. Les produits finaux sont utilisés à 50 % par Cemex.
Les matériaux fournis par les deux carrières desservent l’Ile-de-France, essentiellement par voir fluviale, et sont surtout destinés à l’industrie du béton hydraulique.

 

Véronique Michel

1 L’installation terminale embranchée (ITE) a fait l’objet d’un article paru dans le Mines & Carrières n°154, en décembre